« La plupart du temps, les seuls éléments de scénographie sur le plateau sont une table, un ordinateur et une imprimante qui accouche par intermittence des lettres des autres. Et le contraste entre l’objet, si prosaïque, et le contenu, si précieux, est beau.(…)
Ça demande un travail d’acteur précis, qu’ils ont effectué en un temps record en fin d’après-midi. Comme l’exige la règle du jeu, après sa journée de rencontres et d’écriture, l’auteur doit, à 17 heures, sélectionner les lettres à lire le soir (certaines datent d’anciens ateliers, d’autres du jour même), construire une dramaturgie et travailler avec son collègue à retrouver les enjeux de chaque texte. Jubilation perverse et panache de la défaite pour telle lettre de rupture, sidération joyeuse pour une autre, adressée à une mère disparue… (…) Il laisse opérer le plaisir que lui procure ces Lettres non écrites – «le plaisir à faire commu- nauté», insiste t-il.
Celui de se soustraire, de s’effacer derrière la voix des autres, en laissant parfois résonner, en sourdine, leurs lettres d’amours perdus avec les siennes propres. Dans celle qu’il a écrite pour Charlotte – dont la respiration, juste à nos côtés, dans le noir de la salle, intensifiait l’air – on entend ces mots qui appartiennent autant à la jeune fille qu’à l’auteur : «(..) Il existe la possibilité chez les hommes de ne pas vouloir se détruire les uns les autres pour survivre. Je t’accorde bien volontiers que c’est devenu une chose rare. Mais ça existe.»
Eve Beauvallet, Libération
« Cela peut paraître anecdotique, seulement l’écriture de Geselson rend ces histoires sincères, parfois glaçantes. L’écriture porte une attention particulière à rendre l’interlocuteur d’origine, visible. Chaque écriture paraît être fidèle à l’histoire racontée, à la personnalité rencontrée.(…)
Lectures sèches, saccadées, retenues, suggérées ou encore pré-enregistrées avec la voix de Laure Mathis, on ne se lasse pas d’écouter. La mise en scène, la scénographie sont sobres, au service des mots.(…)
Les histoires abondent et c’est remarquable que d’honorer les paroles invisibles. Leurs préoccupations sont presque thématiques ; l’absence, le regret, la mort, l’amour, l’amitié, la famille. Autant d’histoires hétéroclites, éloignées les unes des nôtres mais dont les sentiments éprouvés ne nous sont pas si étrangers. Comme perpétuellement prisonnier du bouleversant cycle des émotions. »
Thiery Lola, Théâtrothèque
« Il est aujourd’hui impossible de raconter quoi que ce soit de ce spectacle : et c’est bien là toute la beauté du pari fou de David Geselson…»
La Dépêche du Midi